18 juin 2024  14:39 ©2019 Tous droits réservés

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Discours 2024   18 juin 2024

2024


Allocution de la présidente du Conseil d'Etat


Allocution du Maire de Cologny


· « Les Suisses s’étaient embarqués à Nyon, à 7 heures du matin.

· On avait pris la voie du lac pour éviter Versoix, localité encore française.

· Du haut des maisons de la colline, les Genevois guettaient l’arrivée des barques.

· On entendait de temps en temps le bruit sourd de leurs canons.

· Il faisait un temps magnifique, un soleil éclatant, une brise légère soufflait. La nature était en joie comme le cœur des Genevois.

· La population, qui ne savait rien des difficultés diplomatiques rencontrées par le Conseil, voyait dans l’arrivée des Suisses la preuve irréfutable, le signe tangible de son union avec la Confédération.

· Elle les attendait comme des sauveurs, elle se portait au-devant d’eux avec allégresse.

· C’était, depuis bien longtemps, le premier jour où Genève était heureuse et s’abandonnait à sa joie sans arrière-pensée.

· C’était même plus que de la joie comme le dit un témoin, c’était du « délire », un « délire national ».


Mesdames et Messieurs,

· C'est sur ces phrases tirées de l’Histoire Politique de Genève de François Ruchon que je vous dis mon plaisir d'être parmi vous aujourd'hui, et que je vous salue, toutes et tous, au nom de l’ensemble du Conseil d’Etat ici réuni.

· C’est sur ces phrases que je remercie chaleureusement la Société de la Restauration et du Premier Juin pour son invitation à commémorer cet événement ensemble.

· Ces phrases de François Ruchon nous disent beaucoup, sur notre passé et notre présent.


· Elles disent d’abord l’allégresse d’une population à l’heure de faire union avec la Confédération…

· …la joie de s’émanciper, de prendre sa liberté, après avoir été pendant des années occupée.

· Genève voulait être indépendante, cultiver ses particularités. 

· Mais attention ! Le terme d’indépendance n’est pas synonyme d’isolement – pas même dans les dictionnaires d’aujourd’hui, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire.

· L’indépendance, c’est le fait de n’être pas soumis à qui que ce soit d’autre.

· L’isolement, c’est le fait d’être sans relation aucune, économique ou politique.

· Vouloir l’indépendance, ce n’est pas vouloir l’isolement. Bien au contraire.

· À l’époque déjà, Genève s’affirmait ainsi : nous voulions être indépendants, libres.

· Mais nous voulions aussi travailler avec les autres, au sein de la Confédération.

· Nous voulions aussi d’une sécurité commune, d’une protection partagée.

· Nous voulions travailler avec des personnes de différentes cultures, de différentes langues, de différentes religions, sur un socle de valeurs communes. Et, encore une fois, dans l’allégresse.

· Que cela nous inspire, aujourd’hui, dans nos travaux avec les communes, avec nos voisins, avec les autres cantons, avec la Confédération, avec la Genève internationale.


· Les phrases de François Ruchon disent aussi combien ce 1er juin était une fête, une joie, après une longue période de pessimisme et de tristesse.

· Car depuis 1798, lorsque Genève est annexée à la France, l’économie décline et la population s’appauvrit, rongée notamment par la fiscalité.

· L’horlogerie, secteur phare, est en crise.

· Il faut dire aussi que l’ensemble de l’Europe se remet des  violences de la Révolution, se remet des guerres et des occupations napoléoniennes.

· On se préparait alors à ce qui doit être un nouvel ordre pacifique établi par le « concert des nations ».

· À parler de « nouvel ordre pacifique », nous ne pouvons nous empêcher de penser à la situation actuelle de notre monde.

· Car si les générations de l’après-Deuxième Guerre Mondiale ont été habituées à la paix et à la prospérité, peut-être devrions-nous ajouter : « jusqu’à maintenant » ?

· Il y a quelques années encore, une Europe en guerre était inimaginable. Mais le fracas des armes est bien là, à nos portes – malgré le multilatéralisme, malgré le droit international, malgré les droits de l’homme, malgré toutes ces normes pour lesquelles nous devons nous élever.


· Enfin, ces phrases de François Ruchon nous disent combien les temps ont changé en termes d’information.

· « La population, qui ne savait rien des difficultés diplomatiques rencontrées par le Conseil », écrit-il.

· Sous-entendu : cette ignorance, cette innocence lui permettait de se laisser aller tout à sa joie et à son optimisme.

· Qu’en est-il aujourd’hui ?

· Nous le savons : si difficultés diplomatiques ou politiques il y a, la population le saura avant même le Conseil.

· L’information circule à vitesse grand V, poussée notamment par les nouvelles technologies. Parfois transformée. Parfois triturée. Parfois exagérée. Parfois, simplement fausse…

· Serions-nous donc passés, entre 1814 et 2024, d’une forme d’ignorance due à l’absence d’information, à une forme d’ignorance due à un trop-plein d’informations, due aussi à la manipulation de l’information ?

· C’est bien possible, je le crains.

· Et il nous revient de lutter contre la désinformation, contre la mésinformation, pas contre les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle qui servirait le bien commun. Mais contre les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle lorsqu’elle devient un danger pour la démocratie.


Mesdames et Messieurs,


· La coutume nous réunit ce soir pour célébrer l'appartenance de Genève à la Confédération suisse.

· Pour célébrer cette capacité à saisir les opportunités même dans les périodes les plus chaotiques.

· Pour célébrer l’indépendance et la liberté, la communion entre des cultures, des identités, des religions différentes.

· Pour célébrer notre fédéralisme,

· Pour célébrer l’union qui rend plus forts – au niveau communal, cantonal, régional, national, international, multilatéral.

· Et vous me permettrez de terminer par un autre passage de François Ruchon, pour remercier celles et ceux qui donnent de leur temps et de leur cœur pour faire vivre ces commémorations.


· « Grenadiers et chasseurs, aux magnifiques tenues, enfants costumés et portant lances et boucliers, firent la haie depuis le Port Noir jusqu’en ville.

· Des salves d’artillerie, des volées de cloches saluèrent les Confédérés au moment où ils mirent le pied sur le sol genevois.

· Ils traversèrent les Eaux-Vives, acclamés par la foule, passèrent sous des arcs de feuillage ornés d’inscriptions et d’allégories. »


Mesdames et Messieurs,

· Vive Genève, vive les cantons confédérés, vive la Suisse.

FIN



Allocution du Maire de Cologny


“Mesdames et Messieurs,


Les salutations protocolaires étant déjà effectuées, je m'en tiendrai à vous souhaiter la bienvenue à toutes et tous en vos titres et fonction sur cette Esplanade du Port Noir que nous nous partageons entre la Ville de Genève et la commune de Cologny, puisque, nous tenons souvent à le rappeler, les 15 m2 qui entourent la colonne du Port Noir et sur lesquels se tiennent mes collègues, sont territoire colognote, enclavé dans celui de la Ville de Genève, et qui resteraient à ce jour la plus petite enclave de Suisse.


Cette esplanade, cette colonne, sont directement liés à la naissance du canton de Genève et représentent également l’histoire de Cologny. Son drapeau est là pour le rappeler puisque le choix d’y voir représenter cette même colonne, dont la description héraldique de ses armoiries est “D’azur à la colonne d’argent, le fût chargé de la date 1814 de sable, posée sur une champagne d’argent” a été adopté par le Conseil municipal de la commune de Cologny le 4 avril 1922. Cette colonne actuelle fut d’ailleurs érigée à l’occasion de l’exposition nationale de 1896, venant elle-même remplacer un obélisque coiffé d’une ancre érigé en 1864 pour marquer le cinquantenaire du débarquement.


Nous connaissons l’histoire de cet endroit. Un contingent d’environ 300 soldats suisses composé de deux compagnies fribourgeoises et d’une compagnie soleuroise débarquaient ici, ou à quelques mètres d’ici, le 1er juin 1814 aux premières heures de l’après-midi. Il n’y avait pas à proprement parler de port à l’endroit où ont débarqué les troupes confédérées suisses mais un simple ponton permettant aux petits bateaux d’accoster.


Comme quoi, un débarquement, consécutif à une traversée de la rade en bateau du fait d’une occupation forte des routes sur la Rive Droite, avec une arrivée à Cologny sur un simple ponton existant, c’est la manière que les confédérés avaient imaginée pour contourner et éviter le centre de Genève. Aujourd’hui non plus, à certains en tout cas, cela ne semblerait pas si absurde...


Les autorités de la commune de Cologny que je représente aujourd’hui tiennent à remercier la Société de la restauration et du 1er juin d'assurer fidèlement leur mission de commémoration du 1er juin 1814, et encore cette année pour ce 210ème anniversaire. Nous sommes toujours très fiers d’accueillir depuis notre petit morceau de territoire les autorités cantonales et communales, militaires, juridiques, ecclésiastiques, diplomatiques et universitaires ainsi que les représentants des sociétés civiles en ce jour commémoratif, soyez donc encore une fois toutes et tous les bienvenus.


Mes collègues du Conseil administratif se joignent à moi pour vous souhaiter une très bonne soirée.


Vive Cologny,

Vive Genève

Et vive la Suisse."



       Le Maire de Cologny

           Pascal Hornung


Allocution Présidente CE.pdf Allocution du Maire de Cologny.pdf